Véganisme 5 février 2025

Définition : le flexitarisme c’est quoi ?

Concept qui gagne du terrain au même titre que le végétarisme, le flexitarisme est de plus en présent dans les campagnes de publicités et sur les réseaux sociaux. Mais qu’est-ce que ce régime dit flexible ? Cet article vous propose une définition et le développement d’une réflexion personnelle.

Attaquons-nous à un gros poisson, sans le manger pour autant, le flexitarisme. Mais d’abord, un petit tour du coté des définitions.

Régime flexitarien : définition

La notion de flexibilité est centrale dans la définition du flexitarisme. Larousse le définit comme un « Mode d’alimentation principalement végétarien, mais incluant occasionnellement de la viande ou du poisson ». Wikipédia quant à lui, conclut par :  » … On qualifie ainsi de flexitarienne, une personne qui a fortement réduit sa consommation de viande sans pour autant devenir végétarienne ».

NB : selon certaines sources, il est possible de croiser le terme de « semi-végétarisme ».

Différence entre régime omnivore et flexitarien ?

La différence entre régime omnivore et flexitarien est la quantité de viande et de poisson consommée. Sur papier, il est définit qu’un individu omnivore consomme de la viande fréquemment en comparaison à un flexitarien qui lui se limiterait à, par exemple, une à deux fois par semaine.

Dans l’un de mes précédents articles où j’explique les différences entre les régimes alimentaires, je ne fais pas notion du flexitarisme. Pourquoi ?

Tout simplement parce que selon moi, à partir du moment où il y a consommation de chair animale, nous suivons un style d’alimentation omnivore. C’est un peu comme si je vous disais que j’étais végétalienne, mais que je ne mange pas beaucoup de légumineuses. Je ne suis pas flexivégétalienne pour autant.

Régime flexitarien : réalité

Je me souviens encore de ma première biographie Instagram : bio, fait maison, zéro déchet, flexitarienne. Je peux donc totalement comprendre la pensée très sincère derrière cet adjectif et la démarche honnête et pleine d’enthousiasme de la part des personnes « flexivores ».

Alors pourquoi, selon moi, le terme de flexitarisme n’a malheureusement pas de sens à proprement parlé ?

Ma transition « semi-végétarienne »

Je n’ai jamais eu une consommation de viande excessive dans le sens où je n’ai jamais aimé ladite viande (le poisson par contre, j’adorais ça, mais c’était occasionnel). L’entrecôte de vache de 500g saignante ? Absolument pas pour moi. J’étais team « faut manger des protéines donc je vais acheter des steaks hachés bourrés d’épices et des saucisses de cochon avec plein d’herbes« . Le décor est planté.

En quittant le domicile familial, je me suis éloignée naturellement de la viande et du poisson par prise de conscience écologique, intérêt pour la diététique/nutrition (la vraie – pas coucou les #autocoach), et surtout par empathie envers les animaux.

Ma consommation de produits d’origine animale a donc fortement baissé sans pour autant devenir végétarienne, et encore moins végétalienne. Pourtant il m’arrivait de ne pas en manger pendant deux ou trois semaines sans spécialement m’en rendre compte. J’étais par conséquent « flexitarienne ».

Moins de viande par rapport à qui ?

La quantité de viande ou de poisson mangée pour un individu lui est donc personnelle, et peut varier en fonction des situations de vie dans laquelle il se trouve. C’est bien là, le petit hic avec la définition de flexitarisme. Diminuer sa consommation de viande, c’est un grand OUI. Mais rapport à qui ? Par rapport à quoi ? Par rapport à quelle quantité initiale ?

Si je mange deux fois des produits animaux par jour, et qu’à partir de « lundi » je n’en mange plus qu’une fois par jour… Suis-je flexitarienne ? Selon la définition, oui. Mais si je décide de ne manger qu’une fois de la viande un jour sur deux. Toujours flexitarienne ? Il semblerait que oui. Et si dans trois mois, je me remets à manger de la viande deux fois par jours, sauf le week-end ? Et bien, ça reste toujours « moins » de viande qu’avant. Mais avant, c’est quand au juste ?

La notion de moins n’est pas clairement définie ni fixée dans le temps.

Comparons à mon voisin Bernard, gros carniste viril confirmé (#caricature). Ce dernier mange de la chair animale à chaque repas et aime son gros barbecue tous les dimanches. Je mange en effet moins de viande que lui. Mais si d’un coup, il décide de ne plus faire de barbecue pour limiter sa consommation de viande, tout en continuant d’en manger quotidiennement. Serait-il lui aussi flexitarien ? L’exemple est grossier, mais c’est pour vous donner une image simpliste.

Moins de viande par rapport à quoi ?

Ce n’est pas une propagande d’un petit groupe d’extrémistes qui ne mangent que des graines… La consommation de viande doit drastiquement baisser voire s’arrêter si nous voulons vraiment sauver les meubles qui ne sont pas encore trop fumants.

C’est en tout cas ce qui est recommandé par Santé Publique France — qui s’appuie sur le rapport du Centre international de recherche sur le cancer, l’agence cancer de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Maximum 500g par semaine de viande rouge. Charcuterie, reconnue comme cancérigène, comprise. C’est environ trois steaks (ou une petite dizaine de tranches de jambon) pour vous donner une idée. À répartir sur l’ensemble de vos plats hebdomadaires.

Revenons à la question du flexitarisme. Bernard qui a donc décidé de manger qu’une fois de la viande par jour (disons, 150g). Il a en effet fortement diminué sa consommation de viande, mais continue d’en manger beaucoup trop selon les recommandations de l’OMS.

Imaginons à présent que tout le monde se projette de respecter les recommandations. Que la grande majorité des consommateurices végétalisent leur alimentation et diminuent ainsi leur consommation de chair animale… Quid du flexitarisme ? Qui appelle-t-on encore flexi ?

Le flexitarisme, nouveau lobbying

En réalité, il n’y a aucun problème qu’une personne soit désireuse de se qualifier de semi-végétarienne si ça lui permet de « marquer le coup ». Je pense que c’est une façon aussi de pallier au sentiment de culpabilité qui parfois est moteur de mouvement. Ce qui compte, ce n’est pas l’étiquette, mais de diminuer sa consommation de chaire animale.

La réelle problématique avec ce dit régime alimentaire, c’est qu’il est malheureusement galvaudé par les industriels de l’agroalimentaire, les marques carnées, bref, les lobbies de la viande.

Il est aisé de constater lorsqu’on se perd sur les sites mettant en avant la pratique d’une alimentation flexitarienne que l’idée principale est « manger moins, mais mieux« . Une viande bio, locale, durable, variée, éthique (oui je sais, ça peut faire sourire).

Moins de viande, mais de meilleure qualité. Pourtant, quand on scrolle un peu du côté des inspirations recettes, la quasi totalité, si pas la totalité des recettes sont composées d’animaux. Et qui plus est, agneau et veau sont mis à l’honneur, donc des bébés. Moins, mais à chaque assiette quand même.

Quand à la qualité, il serait temps d’arrêter de faire fantasmer les consommateurices au sujet du fameux petit producteur qui nourrit 66 millions de Français·es grâce à ses 50 vaches qui pâturent le doux paysage Normand.

La communication de l’Entreprise de la viande tourne autour de ce nouveau concept de flexitarisme, non pas pour conseiller de manger moins de viande, mais de manger LEUR viande.

Consommer moins de viande pour justifier le système

Il semblerait que nous soyons dans une sorte de compromis pour justifier et légitimer le système mis en place sous le diktat du « on a toujours mangé de la viande« . Continuer de manger « un peu » de viande, c’est faire perdurer les élevages, l’exploitation, la déforestation, le réchauffement climatique, la souffrance animale, et tout ce qu’on souhaite arrêter lorsque nous nous lançons dans la végétalisation de son assiette.

Diminuer sa consommation de viande (et de produit d’origine animale en général) demeure un acte très fort. Il est tout aussi honorable dans une société où consommer de la viande est un concept énormément poussé voire même genré. Mais ce n’est un début selon moi, et non une fin en soi.

Mangeons des cookies, pas des animaux !! 🍪

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