Après presque un an, je reviens sur Instagram

Un peu plus de dix mois d'absence. D'abord totalement et de tous les réseaux sociaux... Puis doucement en mode fantôme, pour enfin revenir auprès de vous. Je vous explique brièvement les trois étapes de ma réflexion.

J’ai réalisé...

Je crois que tout a commencé quand je suis sortie de cette nouvelle épicerie Bruxelloise un peu différente avec mes 652g de pâtes dans un bocal en verre trouvé sur place… Ça, et beaucoup trop de gingembre confit enrobé de chocolat (saloperie c’truc). Ce jour-là, j’ai eu un déclic. Pas le genre de déclic qu’on a après une gueule de bois et où on se dit “oc à partir d’aujourd’hui je ne bois plus” puis qu’en fonction de l’âge, le “plus” dure entre 6h et le prochain samedi soir. Je ne me suis pas dite que, du jour au lendemain, que j’allais supprimer tous les emballages, acheter la collection de tupp’ en verre de chez Ikea, me laver les cheveux avec l’équivalent du vomi d’épinard d’humain de moins de 2.5ans (je le fais maintenant) ou encore devenir végétalienne parce que je ne suis pas un p***ain de lion. Quelque chose ne tournait pas rond dans mon style de vie, j’étais en contradiction avec cet amour de la nature dans lequel j’ai vécu depuis gamine, le respect des autres animaux, de l’environnement, de ma santé physique et mentale. Quelque chose n’allait pas, je n’étais pas en paix avec moi-même, je n’étais pas moi-même. J’ai réalisé...

Il s’en est passé des choses en trois ans,...

La création d’un compte Instagram (ou plutôt la libération de mes proches de l’époque qui n’en pouvaient plus de recevoir mes 37 tests de recettes et DIY par jour). C’est là que nous nous sommes rencontré.e.s ! On a appris des choses ensemble, on a progressé dans notre envie de faire mieux, plus juste, plus simple, on a aimé discuter, on a ri, beaucoup, on s’est trouvé des petits noms, on ne s'est parfois pas compris, on est devenu pote, on s’est soutenu,... Bref, on a créé une vraie communauté !

Des prises d’opinion qui se sont pour certaines diluées avec le temps, et pour d’autres affirmées plus que jamais. Il y a eu la création d’une entreprise mettant en avant le Saint-Graal zéro déchet. Et puis l’investissement émotionnel dans différentes causes toujours plus bafouées, toujours plus reliées les unes aux autres. Un développement personnel plus bancal que les arguments de régulation des pro-chasse. Ce qui allait arriver, je ne l’avais pas réalisé...

J’ai craqué...

Noyée, voilà comment je me suis retrouvée,... Pas en mode “Ariel, la petite sirène qui patauge dans ses 10cm de mare”,... Non, je me suis retrouvée noyée par ma propre morve matinale parce que c’est ce qui arrive quand tu te lèves d’une nuit d’angoisses, de stress constant, de cauchemars, parce que t'as ta propre et minuscule existence, ton passif et tes psykotrauma à gérer, que la société part littéralement en couilles (de baleine, les couilles), tu vois les gens d’à côté se faire arracher des mains, plus loin, exploités et stérilisés pour un t-shirt, d’autres tomber malades, d’un coup plus personnes dans les rues, la nature reprenant même son droit à la vie sur terre un bref instant,... On vivait dans la 862ème saison de Walking dead et j’allais craquer.

Je n’ai plus su, ni voulu être présente sur les réseaux sociaux comme je l’ai toujours été pendant deux ans. Deux années sans pause, malgré tout. Changement de pays plusieurs fois, de métiers, de relations, de famille, de mentalité, de perspective de vie, de passions. Ces passions, celles qui vous bouffent de l’intérieur. La mienne m’a consumée. Littéralement. Celle de la justice. Vous me connaissez, je suis toujours trop. Et j’ai voulu la justice pour tout le monde. Tous ces combats inachevés. Toutes ces pensées de honte de ce qui est fait au vivant. Toutes ces blessures personnelles ravivées par cette injustice. On m’a dit “Hélène, attention au Burn-Out, tu en as déjà fait un, t’as mis des années à t’en remettre et à vivre avec ses séquelles irréversibles, tu fonces tout droit dans la forêt qui brûle avec ta goutte d’eau !”, et j’ai craqué.

Alors j’ai décidé de prendre du recul, pour la première fois, j’ai accepté de lâcher, de vous lâcher. De ne plus vous emmener avec moi car moi-même, je ne savais plus où je voulais aller. Je pensais qu’une semaine allait suffire,... Mais une semaine face à des mois de trop ? Je me suis prise pour MacGiver à vouloir rafistoler le Snowpiercer à coups de dentifrice solide, de ficelles tressées en bambou et de jus de compost permabio. Je me suis sentie craquer, j’ai craqué et je craque encore. Mais il y a quelque chose de plus fort que ça...

J’ai compris…

Plus fort que mes angoisses, mes craintes de ne pas faire assez bien (pour m’éviter la police militante de plus en plus intolérante, violente, omniprésente sur les réseaux - parce qu’IRL, ces gens ont une tout autre mission de vie que de nous casser les parties génitales), que mon épuisement physichologique, plus fort que moi… Cette passion encore. Pas celle qui m’a fait rôtir la cervelle telle une vieille guez' de tofu oubliée sur le BBQ en pleine demi-finale France-Belgique. Cette envie de générosité, de rigoler de moi-même, de vous faire déculpabiliser, de partager ce qui ne se partage pas toujours, de vous emmener avec moi au fil de mes journées parfois chiantes, parfois magnifiques, parfois chelou (on a les journées qu’on mérite, je suis magnifique),... Après des mois de pause, de réflexion, de remise en question, de doutes, de peur(s) encore et toujours, ce qui m’anime réellement, j’ai commencé à le comprendre...

Encore une fois, je change tout. Tout ou rien, c’est tellement moi. J’avais déjà eu besoin de ce changement de nom juste avant. Selon Hélène… La vie selon moi, mes envies, valeurs, compromis, équilibre, mes forces et faiblesses,... Je ne suis pas là pour dicter à autrui comment faire, je propose une façon de vivre, j’éveille la possibilité d’agir autrement, je donne un exemple parmi d’autres… Ma présence va aussi changer ; j’ai besoin de m'émanciper des RS qui sont plus constipants qu’un riz-banane. J’ai besoin de m’exprimer sans limite, de partager comme je le sens, de travailler sur de nouvelles choses, de nouveaux formats,... Un site, un blog, des ebooks, une newsletter, un espace membre, de l’écriture, c’est cette dimension qui me passionne. Mais aussi et pourquoi pas d’autres plates-formes en fonction de votre soutien. Instagram restera dans ma vie, c’est avec lui que tout a débuté, c’est lui qui m’a offert ce que j’ai de plus précieux aujourd’hui. Tremplin entre ma vie et vous, mes conneries qui vous rassurent, mes 20 plats par jour qui vous donnent faim, mon humour qui vous fait rire (vous êtes chelou aussi j’crois). Ce que je veux faire dans ma vie persopro , selon moi, vivre de ma passion, enfin, j’ai compris...

Photographie : @whoisreno

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